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samedi 19 août 2017

Traversée des Pyrénées Occidentales - Matériel


Préalable à la "narration" (bien grand mot...) de cette première partie du GR10, la liste du matériel que j'ai transporté. 
Je disposais de 3 grosses semaines au mieux. Partant de Hendaye, je ne m'étais pas fixé de planning, ni de destination finale, mais au vu de ma forme qui était tout sauf olympique, il était clair que je n'aurais pas le temps d'atteindre les régions franchement montagneuses. J'ai donc tablé sur des températures clémentes en climat océanique et en zone "verte".

Les poids indiqués sont en g. Obtenus sur une balance de cuisine et sans garantie.
(Mais certains d'entre eux doivent être vérifiés, un problème de piles sur ma balance...)


La bagagerie

 Objet  Poids Commentaire
 Sac à dos 
 995
 Osprey Exos 58 
 Sacs hermétiques 
 180
 Sea To Summit : 2l, 8l (x2), 20l 
 Divers 
 32
 Ziploc et assimilés  
 Total  1207

Remarques :
  • Les Pyrénées, cela n'a pas la réputation d'être sec... J'avais fait le choix de remplacer l'ensemble des conditionnements d'origine de mon matériel par 4 sacs hermétiques plutôt que de revêtir le sac à dos d'une protection pluie générale : Un 20 litres pour sac de couchage + drap de sac + matelas, un 8 litres pour mes vêtements en m'en servant de traversin la nuit, un autre 8 litres pour la nourriture, un 2 litres pour l'ensemble des petites bricoles. Il serait à vérifier que j'ai bien été gagnante sur le poids total. En outre, j'aurais pu prendre des sacs plus petits et/ou plus légers.
  • Le sac à dos (taille S) fait 55 litres. Trop en l’occurrence, un 40 litres m'aurait suffit. Hormis que celui dont je dispose est plus lourd que ce Osprey qui m'est de plus très confortable... J'aurais également pu laisser chez moi la poche têtière de 115g... Le bon côté, c'est que cela m'a permis de ne quasiment pas compresser le sac de couchage. 
  • Les ziplocs m'ont permis de protéger l'électronique et quelques autres petites choses fragiles par temps de pluie et, surtout, de reconditionner mes ravitaillements (fromage, semoule, ...).


La cuisine

 Objet  Poids Commentaire
 Spork 
 9
 En plastique
 Réchaud 
 52
 Popote 
 124
 Marmite norvégienne 
 32
 Briquet 
 11
 Petit briquet BIC
 Gourde 
 25
 Platypus, Soft Bottle 1 litre  
 Poche à eau 
 90
 Platypus, Hoser 1 litre  
 Total  343

Remarques :
  • Je préfère cumuler gourde et poche à eau de 1 litre chacune plutôt que de prendre une poche à eau de 2 litres. Cela m'alourdit de 13g, mais me permet entre autre de mieux savoir où j'en suis de ma consommation. Souvenir de quelques mauvaises surprises où je me suis retrouvée sans eau alors que je pensais qu'il m'en restait pas mal.
  • Voir les consommables, ce n'est pas le bois qui manquait, mais je savais que j'aurais parfois du mal à en trouver du sec. J'avais donc complété le réchaud à bois d'une boite de plaquettes Esbit et d'une bonne poignée de charbon de bois, histoire de ne pas me retrouver le bec dans l'eau (c'est le cas de le dire) en cas de pluies persistantes. 
  • Etant seule (hormis les 2 premiers jours), la popote me suffisait : inutile pour moi de la compléter d'un bol ou autre. Mais celle de 0,5 litres aurait été suffisante et j'aurais gagné 50g...


Le bivouac

 Objet  Poids Commentaire
 Abri 
 795
 La palourde, faite maison 
 Tapis de sol 
 107
 Une bâche de protection achetée au rayon peinture de la GSB voisine 
 Sac de couchage 
 730
 Drap de sac 
 104
 En soie, made in Décathlon
 Matelas 
 200
 Thermarest NéoAir XLite Small
 Total  1936

Remarques :
  • Abri 2 places... Et donc surdimensionné. Mais sans regret. D'une part parce que JL m'a accompagné les premiers jours et que j'espère bien l'avoir convaincu que cette solution est au moins aussi satisfaisante qu'une tente double toit, d'autre part parce que cela m'a permis de disposer d'un espace vital particulièrement confortable lorsque je m'y abritais de la pluie.
  • Le drap de sac m'a servi pour les quelques nuits que j'ai passées en gîte d'étape, et lorsque les nuits étaient trop chaudes pour le Cumulus qui me servait alors tout au plus de couette.
  • Petit édit : je viens de corriger le poids du matelas


L'instrumentation et assimilés...

 Objet  Poids Commentaire
 Smartphone 
 115
 Wiko Sunset (écran 4")
 APN 
 267
 Sony RX100 M2 
 Chargeur 
 54
 Boussole 
 21
 boussole mousqueton, de Décathlon 
 Frontale 
 53
 Black Diamond, Ion 100 lumens 
 Topo 
 175
 TopoGuide de la FFRP  
 Total  685

Remarques :
  • Emporter le TopoGuide était une erreur... J'aime savoir où je suis, ne suis toujours pas adepte des GPS, et j'avais préféré cette solution à une pile de cartes, mais je n'ai pas été satisfaite tant par la forme que par le contenu. A revoir.
  • Le téléphone garde la charge très longtemps tant que je n'utilise pas l'écran (veille ou conversation). Mais elle s'écroule très vite sinon (consultation de fichiers embarqués, web, SMS, etc.). Je n'ai donc pas compté sur lui pour autre chose que quelques contacts avec mes proches, consulter la météo de temps en temps, etc. 
  • A choisir entre batterie d'appoint et chargeur, j'avais préféré le chargeur, plus léger et qui me servait aussi bien pour le téléphone que pour l'APN. Les possibilités de recharger étaient nombreuses. A noter qu'après avoir hésité, j'avais préféré prendre un câble un peu long. J'ai bien fait : Bien que plus légers de quelques grammes, mes câbles ultra courts n'auraient pas convenu dans les nombreux cas où les prises étaient placées un peu haut, mon appareil risquant de se retrouver "suspendu" le temps de la charge à défaut de le poser sur une quelconque pyramide.
  • La boussole m'a servi a 2 ou 3 reprises, dans la purée de poids, à des endroits où quelques cairns n'auraient pas été de trop... Par temps dégagé le balisage est largement suffisant pour qu'elle soit inutile tant qu'on reste sur le GR.


Le matériel d'hygiène

 Objet  Poids Commentaire
 Couteau 
 19
 Victorinox classic (lame + ciseaux + pince à épiler + ... ) 
 Brosse à dents 
 8
 Manche court évidé 
 Serviettes 
 22
 2 petites serviettes microfibres 
 Total  49

Remarques :
  • Le reste, c'est du consommable
  • Pas besoin de peigne, un coup de rasoir (avec sabot quand même...) avant le départ permet de s'en passer.


Les vêtements

Ceux que je ne portais pas sur moi en marchant : vêtements de nuit ou de rechange lorsque les autres étaient sales ou trop mouillés, veste polaire pour les soirées un peu fraîches, ...

 Objet  Poids Commentaire
 T-shirts 
 95 
 Chaussettes 
 40 
 Sleep 
 32 
 Veste polaire 
  258 
 Forclaz 200 Décathlon
 Legging 
  150 
 
 Cape de pluie 
 288 
 Ancien modèle Décathlon
 Total 863

Remarques :
  • La cape de pluie est restée moins souvent dans le sac que je ne l'avais espéré... Ceci dit, ce sera certainement l'un des prochains éléments de la liste à être remplacé, que ce soit par un achat ou par un bricolage. Elle commence à montrer des signes de vieillesse (quelques déchirures dans des ronces) et sa conception me convient de moins en moins... 
  • Je me suis toujours organisée de façon à disposer de vêtements (à peu près) propres et secs pour la nuit. Quitte à devoir remettre des vêtements mouillés le matin. Un point incontournable à mon sens, tant pour la qualité du sommeil que par "respect" de mon sac de couchage.


Les consommables

 Objet  Poids Commentaire
 Esbit 
 80 
 Une boite de 20 tablettes de 4g
 Charbon de bois 
 100 
 Une grosse poignée. Poids approximatif 
 Traitement 
 27 
 Incontournable, sans commentaire
 Trousse d'urgence 
  41 
 Voir ci-dessous
 Trousse de réparation 
  52 
 Idem
 Savon 
 24 
 Petit savon marseillais
 Eau 
 1500 
 1,5 l environ à chaque ravitaillement
 Alimentation 
 1000 
 Estimé, à chaque ravitaillement
 Total 2824

Remarques :
  • L'Esbit et le charbon de bois m'ont servi lorsque le bois disponible sur place était trop mouillé pour être utilisé seul, ce qui s'est révélé assez courant... En général, en démarrant le feu avec l'Esbit et/ou quelques morceaux de charbon de bois, la température atteinte était suffisante pour sécher un peu le bois et utiliser un "mixte". J'ai toutefois pratiquement tout utilisé, en me rationnant.
  • La "trousse d'urgence" est composée de comprimés de Micropur, de 2 comprimés d'Ibuprofène, de quelques pansements américains (sutures adhésives), d'une compresse à l'alcool, d'Arnica et Apis Mellifica en homéopathie. Je n'ai utilisé que le Micropur. Le buff aurait pu maintenir provisoirement une entorse, et le scotch de la trousse de réparation aurait servi de sparadrap au besoin. J'avais considéré que, dans une région finalement peu isolée, cela me suffisait pour les menus bobos, pour rejoindre une pharmacie, ou pour attendre les secours sachant que, en cas de gros pépins, je n'aurais de toute façon pas pu faire grand chose.
  • La trousse de réparation est composée d'un peu de SilNet, de quelques morceaux de SilNylon, du kit de réparation du matelas, d'un peu de fil "au chinois" (lin cordé), de 2 aiguilles (droite et courbée), et de scotch électricien. Je n'ai rien utilisé.
  • Le savon sert à tout : corps, dents, vaisselle, linge, ... La quantité emportée n'a pas suffit et je me suis contentée d'eau les 2 ou 3 derniers jours.
  • Je n'ai jamais approvisionné plus de 1,5 litre d'eau, ce qui représente donc le max : au ravitaillement, je remplis la poche à eau et prévois 0,5 litre de complément dans la gourde, ou inversement. L'avantage est de ne pas me retrouver privée de boisson (je suis incapable d'estimer ce qu'il reste dans la poche à eau sans regarder) et de ne pas avoir à attendre 1h que le Micropur agisse avant de boire à nouveau.
  • Le poids de la bouffe est estimé et, là aussi, représente un max. D'une manière générale, chacun de mes repas représente 100 à 150g, et je complète de "vivres de course". Je me suis ravitaillée en moyenne tous les 2 jours, selon ce que je trouvais : pâtes, semoule, ramen, purée, fruits séchés, biscuits divers, fromage local, soupes déshydratées, ... Sans oublier un délicieux saucisson de brebis trouvé à Esterencuby et le meilleur gâteau basque que je connaisse, en portions individuelles, à Bidarray. Dans la région, ce n'étaient pas les possibilités qui manquaient.


Sur moi

 Objet  Poids Commentaire
 Chaussures 
 865 
 Pantalon 
 284 
 Millet LD Trekker Stretch
 T-shirt 
 95 
 Chaussettes 
 40
 Sleep 
  32 
  
 Soutien gorge 
 40 
  
 Buff 
 37 
   
 Lunettes de vue 
 36 
 Totalement incontournable... 
 Bâtons 
 267 
 Argent 
 10 
 Quelques billets, CB, ... poids approximatif 
 Total 1706

Remarques :
  • J'ai trouvé le pantalon un peu chaud par beau temps, mais au moins il me protégeait (un peu) des insectes et je n'apprécie pas vraiment les "convertibles". Il a de plus l'avantage d'un très grand confort par son côté "stretch" et sèche (assez) vite.
  • Les chaussures ont fait là, je pense, une de leurs dernières sorties. La semelle marque des signes d'usure dont j'ai clairement ressenti l'effet "glissant" dans certaines descentes.
  • Même s'il m'a fallu empiler les 2 t-shirts et la polaire certains soirs, je n'ai jamais eu froid. Je pense par contre que l'ensemble serait insuffisant à plus haute altitude en cas de mauvais temps.
  • Bonne ou mauvaise habitude, j'ai tendance à garder les bâtons à la main même lorsque je ne les utilise pas. 


Analyse, pistes d'améliorations ou d'allègement

Totaux
  • Si je fais le tour du matériel transporté dans le sac, avec ou sans consommable, j'avais donc entre 5,083 et 7,907 kg sur le dos chaque jour à en croire la somme de ces pesées individuelles (au départ de chez moi, mon pèse-personne annonçait 4,9 kg pour l'ensemble hors consommable). Voire moins dans les quelques cas où j'ai porté la polaire et la cape de pluie en plus de mes vêtements "habituels". Soit une moyenne approximative de 6kg.
  • Si j'ajoute ce que j'avais sur moi en permanence, cela fait donc un total général entre 6,779 et 9,603 kg suivant que l'on considère ou non les consommables, soit de l'ordre de 8kg en moyenne.

Ce qui m'a manqué ou ne me convenait pas :
  • Habituée aux cartes type TOP 25 de l'IGN, j'ai parfois regretté de ne pas avoir de cartes plus détaillées (ou inversement plus générales) en lieu et place du topoguide que je ne prendrai plus. Je réfléchis à la bonne solution, électronique ou papier. A suivre donc.
  • M'étant passé de ma bombe d'insecticide, j'ai servi de plat de résistance aux taons et aux aoûtats... Elle fera certainement partie du voyage lors de mon prochain séjour dans le coin malgré ces 107g neuve. 
  • Dans les rares gîtes où je me suis arrêtée, j'ai regretté de ne pas disposer de sandales ou autres mules pour l'intérieur. Marcher pieds nus sur le carrelage mouillé et sale, c'est pas mon truc. Reste à savoir si je suis prête à m'alourdir de quelque chose comme 150g pour si peu car je m'en passais très bien le reste du temps.
  • Je le disais, la cape de pluie réclame la retraite, et me convient de moins en moins : trop longue et/ou trop ample (je marche facilement dessus dans les montées), trop lourde, difficile à mettre et à maintenir correctement en place, s'ouvrant facilement sur les côtés, ... Son remplacement est à l'étude.
  • Le café lyophilisé, ça va un jour ou deux mais après, ça devient franchement pénible... Et comme je ne pense pas réussir à convaincre Georges de m'accompagner, il va falloir que je trouve une autre solution. A l'étude.

Ce que j'aurais pu laisser chez moi :
  • Un sac hermétique en rassemblant les vêtements et le sac de couchage dans le même,
  • La marmite norvégienne qui n'était évidemment pas utile en tant que telle (mais sert de "conditionnement" à la popote),
  • Le drap de sac puisque je dormais habillée (en général en legging + t-shirt + chaussettes),
  • La poche têtière du sac à dos, et le TopoGuide (on va finir par le savoir).
  • Quant au reste, je ne suis pas prête à me passer des trousses d'urgence et de réparations minimalistes même si j'ai eu la chance de ne pas en avoir besoin et j'ai utilisé tout le reste, donc j'en resterai là en termes d'items à éliminer tant que je n'aurai pas trouvé de solutions alternatives. Ce qui représente donc 470g à gagner, au mieux, sauf à remplacer certaines lignes par des équivalents plus légers (popote, polaire, ...). 
  • En outre, les 2 principaux contributeurs au poids sont le sac à dos lui-même, et l'abri. Deux éléments surdimensionnés pour cette rando faite essentiellement en solo. Un choix que j'assume mais qui indique clairement par quoi commencer si je veux m'alléger. 

Conclusion : si tant est que la liste "parfaite" existe, elle dépend de la personne, de l'environnement, des conditions météo, de ce qui motive à randonner, etc. Me concernant et dans le cas présent, j'aurais pu faire mieux, mais je suis malgré tout plutôt satisfaite de mes choix. J'ai apprécié la "simplicité" d'utilisation de cet ensemble, avec lequel je me sentais "en accord".

samedi 21 novembre 2015

Tour du Cervin - Epilogue

Je me décide enfin à conclure ce récit. Avec nostalgie, comme si mettre ce point final à l'histoire m'éloignait encore un peu plus de ces merveilleux paysages. Bref.


Jours 7 et 8 : balade dans les alpages

Env 18km, D+ / D- 1200m
Trace reconstituée, très approximative

Avec tout le fromage avalé hier soir et malgré sa qualité, la suite était prévisible : j'ai eu du mal à digérer et j'ai mal dormi malgré le confort du siège de la voiture (oui, j'ai la chance d'être assez petite pour dormir confortablement dans une voiture, ce que j'ai fait bien souvent en diverses circonstances). 
Réveil vaseux donc, et comme JL est à peu près dans le même état pour les mêmes raisons, voilà ce que c'est que de manger un peu (beaucoup) trop gras lorsqu'on n'y est pas habitué, nous traînons à nous mettre en route... Direction le bar le plus proche, pour une opération "café à haute dose", en multipliant les tasses à défaut de pouvoir le prendre en intraveineuse. 

Petite hésitation de principe quant à la suite du programme. Même si nous ne regrettons pas notre décision de zapper quelques étapes d'altitude du fait de la météo, maintenant que le beau temps est revenu la frustration est là et nous n'avons pas envie de rentrer directement chez nous alors que les alpages voisins nous tendent les bras.

La Forclaz, Le Tsaté, ... Photo faite la veille

Qu'à cela ne tienne, c'est parti pour les prolongations bien que la journée soit déjà bien avancée. Nous nous garons à La Forclaz au dessus des Haudères, refaisons les sacs en version light pour 24h, et nous mettons en mode exploration (balade sans préméditation du parcours).



Dans un premier temps, nous montons vers Motau


et continuons vers Le Tsaté.




Jolie grimpette en plein soleil qui, surtout après la mauvaise nuit, impose de se réhydrater régulièrement... Gourdes vite vides, heureusement que les ruisseaux sont nombreux, merci aux pluies de ces derniers jours.


Nous partons ensuite vers le Nord, le long de divers sentiers ou à travers les pâtures, avant de faire une pause repas complétée d'une petite sieste à proximité de l'Orvelle, puis de continuer tranquillement vers le Nord et Cotter.


Rythme lent et contemplatif, l'objectif n'est pas d'enchaîner les kilomètres ou le dénivelé, mais uniquement de prolonger le plaisir, comme pour se donner l'illusion que les vacances ne sont pas (déjà) finies...


Bivouac en lisière de forêt au dessus d'Evolène. La patronne du restau avait raison, le coin est sympa, à quelques mètres d'une source, et personne ne viendra nous dire quoi que ce soit. Un gros dodo qui fait du bien, avec pour seul défaut d'être sur le mauvais versant de la vallée : au matin, le soleil se fait attendre, prétexte à une grasse matinée bien au chaud dans les duvets...



La forme est bonne, et en tout cas bien meilleure qu'hier, nous repartons vers le Sud Est en "hors piste" à travers les alpages, en suivant approximativement les lignes de niveau. Accord implicite de ne pas aller chercher l'altitude, comme si nous avions eu notre "dose" de décors minéraux.



Au dessus du Tsaté, la carte indique une "mare". J'espèrais l'un de ces petits lacs d'alpage que j'apprécie tant... En réalité, nous nous heurtons à une zone quasiment marécageuse et piétinée par les vaches, ce qui n'arrange rien. Rapide traversée précautionneuse, avant la pause repas.


Il est temps de redescendre si nous voulons faire un peu de route ce soir... Nous prenons la direction de Bréona, et récupérons la piste.



Il est encore tôt, nous croisons quelques promeneurs qui montent vers les alpages, puis rattrapons une dame qui descend vers La Forclaz pour y faire ses courses et avec qui nous finirons la promenade tout en discutant et en plaisantant. Cuisinière dans un chalet, elle aura la gentillesse de me donner sa recette de la Tourte aux Noix. Merci encore madame !


Retour à la voiture, cette fois le Tour est bien fini...



Jours 9 et 10 : Retour en France...

Indépendant du reste. Mais pourtant j'avais envie d'en parler... Là aussi, certainement, un signe de ma difficulté à tourner la page.

Après avoir quitté le Val d'Hérens, nous avons roulé vers l'Est avant de passer la nuit dans la voiture, un peu au dessus d'Andermatt.


Puis direction le Sud, en passant au glacier de la Furka, source du Rhône. Ou plus exactement de ce qu'il en reste...

En 1800 (image du Net)
En 1850 (image du Net)
En 1900 (image du Net)
En 2000 (image du Net)

Et cet été... Avec la nécessité de monter jusqu'à l'entrée de la "Grotte de Glace" pour se rendre compte qu'il reste (encore) un peu de glace...




Soit un recul de plus de 2,3 km en un siècle et demi, d'autant plus marquant que la configuration des lieux le rend plus palpable que sur d'autres glaciers... Et un chiffre qui n'est rien devant la perte totale de volume (cf. surface et épaisseur de la partie supérieure). A ce rythme là, nous avons des craintes à avoir quant au niveau du Lac Léman d'ici quelques années, et ce n'est que la face émergée de l'iceberg, évidemment et soit dit sans mauvais jeu de mot.
J'avais juste envie de le montrer... En espérant que, vous comme moi, nous penserons à ces images la prochaine fois que nous traverserons le Rhône, oublierons d'éteindre alors qu'il fait grand jour, que nous aurons envie de remplacer notre téléphone alors que le précédent fonctionne encore très bien, ou que nous multiplierons nos déchets sans les recycler, etc.
Car quelles que soient les raisons du réchauffement climatique, les glaciers nous prouvent sa réalité. Nous avons passé l'âge de déplacer le débat et de perdre du temps à chercher des coupables qui pourraient tout solutionner à eux seuls si on les ramenait dans le "droit chemin" ou des solutions miracles pour réécrire l'histoire. C'est par l'accumulation de petits gestes quotidiens que nous avons une chance d'améliorer les choses et d'écrire un avenir durable...


Et ceci étant dit, pour reprendre le fil de mon récit... Après cette pause où nous avons également pu admirer toute une famille de marmottes malheureusement peu décidées à se laisser photographier, nous sommes montés au col du Saint Gothard où nous avons déjeuné et exploré un peu les environs.



Ensuite, descente vers le Lac Majeur, également superbe, où nous profitons d'une très bonne pizza, merci les Italiens !



Nouvelle nuit dans la voiture, puis nous rentrons enfin, non sans un détour touristique par Mont Dauphin et Briançon.





Épilogue...

Avec maintenant près de 3 mois de retard, ma conclusion première de cette virée reste inchangée : C'était grandiose, sportif, et il est difficile d'en revenir...

Grandiose : Est-il besoin de commenter ? Les photos parlent d'elles-mêmes...

Sportif : Les étapes classiques sont plutôt longues au regard des dénivelés. Surtout si l'on porte le matériel de bivouac (abri, réchaud, ...) et de montagne (piolet, crampons, ...). Hormis forme physique particulièrement bonne il peut donc être préférable de renoncer à l'autonomie, ou de prévoir des journées plus courtes. Me concernant, j'avoue être plutôt fière d'y avoir fait assez bonne figure, même si je suis (très) loin d'avoir battu des records de vitesse que, de toute façon, je ne recherchais pas.

Difficile d'en revenir : En randonnée, surtout en montagne, on ne triche pas. Ni avec soit-même, ni avec les autres, ni avec l'environnement. Et bon sang ce que cela fait du bien que de retrouver cette authenticité ! Et que c'est dur de la quitter...

Par ailleurs : 
Même si je continue à penser que nous avons pris la bonne décision, surtout avec une tente qui prenait l'eau, je regrette d'avoir dû renoncer aux dernières étapes à cause de la météo. Dommage que nous n'ayons eu ni les moyens ni le temps d'attendre tout simplement que cela ne s'arrange. Non, je ne retournerai pas simplement faire ces 2 ou 3 étapes, d'autres projets m'appellent ailleurs. Mais le retour n'en a été que plus brutal, avec un sentiment d'inachevé.
Contrairement à JL qui ne randonne jamais seul, c'était la première fois que je partais plus de 48h en binôme. Pas simple, surtout pour moi qui sature rapidement de la présence humaine et qui ai un véritable besoin de moments de solitude. Merci à JL d'avoir su le respecter et d'avoir su m'impliquer dans les décisions alors que, beaucoup plus compétent et expérimenté que moi en montagne, il aurait été en droit de (tenter de) m'imposer ses choix unilatéralement. A contrario, faute d'avoir suffisamment confiance en moi sur glaciers (mais cela s'arrange progressivement), je n'aurais jamais oser faire cette randonnée sans lui bien que j'aie pu constater que cela est tout à fait possible (au moins dans le cas présent).
A Valcornera, j'ai vécu des émotions très fortes. Déclenchées par les lieux et mon erreur de parcours, mais résonnants avec des éléments bien plus profonds. Le bon côté, c'est que me replonger dans ces moments à mon retour m'a permis de me libérer de cette angoisse paralysante sur sols instables (moraines, pentes sableuses, ...). Ne reste plus qu'à y acquérir une aisance que je pense que seule l'expérience m'apportera.

Et maintenant... Place aux projets. Les idées sont nombreuses. Ce qui manque le plus, ce sont les jours de congés nécessaires pour les réaliser.


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dimanche 27 septembre 2015

Tour du Cervin - Jour 6

Jour 6 : De St Niklaus à Evolène en train, puis de Evolène à Arolla


Mauvaise surprise au réveil, mon duvet est trempé aux pieds, ce que je n'ai pas senti plus tôt puisque j'avais les jambes légèrement repliées, comme souvent... C'est vrai qu'il a beaucoup plu cette nuit, mais la toile intérieure (chambre) de la tente est sèche et je ne vois pas de trace d'infiltration. Pourtant, il y a une flaque sur le tapis de sol dans un léger creux du terrain, comme par hasard au niveau de mes pieds et au delà de l'extrémité de mon matelas. Quant au sac de JL, il est mouillé aussi, mais a été relativement protégé par son matelas long.
Pour l'instant, je ne cherche pas à comprendre, et j'essaie de relativiser : rien d'autre n'est mouillé, j'ai bien dormi malgré tout, ... Mouai... A d'autres... Pour tout arranger, le ciel est toujours aussi bas et il pleut encore. Grrrrr !

Pas le cœur à traîner ni même à sortir l'un des réchauds, on avale quelques biscuits, et on remballe. Objectif : rejoindre le premier bar ouvert pour faire le point au sec.

Je ne sais plus si rentrer le sac de couchage dans son sac doit être nommé compression ou essorage... C'est en repliant les matelas que je comprends : à voir les traces, le tapis de sol est poreux dans toute la zone proche de l'entrée, là où une sangle passe dessous... Vieillissement du matériau, frottement ? Difficile à dire sur du matériel simplement emprunté et, à vrai dire, peu importe. Toujours est-il que sur ce sol gorgé d'eau, la capillarité a fait le reste et les matelas ont drainé la flotte vers ce léger creux du terrain à nos pieds...
Et là, je l'ai TRES mauvaise. Le tapis de sol, pour moi, c'est l'élément constitutif d'un abri, pour ne pas dire l'élément fondateur. Le seul dont je ne me sois jamais passé, même en dormant à la belle. Le seul qui n'ait pas le droit de me lâcher... Bref.

Photo du Net

On démarre. Chemin type piste cyclable, entre le torrent et la route. Le coin est surement agréable sous le soleil mais là, j'ai l'humeur comme le temps : orageuse. Et dans ces cas là, le mieux est que je reste dans mon coin. Je laisse JL marcher devant et bougonne sous mon poncho, à m'énerver contre les limaces qui tapissent le sol. Difficile de ne pas en écraser. Beurk ! Pouvez pas aller voir plus loin si j'y suis, non ?

Photo du Net

Le chemin s'éloigne un peu du torrent, longe une pâture. Les câlins d'une vache et de son veau me redonnent un peu le sourire. Braves filles ! Et comme si c'était lié, la pluie cesse, le ciel se dégage un petit peu, je replis le poncho. Enfin !

Juste 3km à faire, et nous sommes à St Niklaus. Direction le buffet de la gare, on réfléchit à la suite autour d'un bon café.

Photo du Net

Soit nous stoppons là et prenons le train, soit nous remontons à l'Ouest vers Jungu, Grüben et la vallée de Tourtemagne par le col de l'Augstbord avant de filer vers Zinal.
Nous préférerions la seconde solution... En préparant nos vacances, la vallée de Tourtemagne nous avait paru belle. Mais au vu de l'état de nos finances et des tarifs des gîtes et refuges, ça repose sur notre capacité à bivouaquer et donc à faire sécher les sacs de couchage. Vu la durée de l'étape, cela demande à ne pas traîner en chemin entre 2 étendages et à ce que l'amélioration météo se confirme très largement... Pas gagné.

Je laisse JL partir à la chasse aux renseignements pendant que je transforme la terrasse (couverte) du buffet de la gare en séchoir... A voir la réaction de quelques habitués des lieux, je ne dois pas être la première. Curieux temps, où quelques rayons de soleil se montrent entre 2 averses. Impossible pour moi de déterminer comment ça va évoluer.

Retour de JL, ça sent le roussi : la relative éclaircie ne va pas durer. Quant aux sentiers, ça passe mais ils ont souffert des pluies, sont très ravinés, et le col est sous la neige. Impossible d'espérer battre des records de vitesse. Seule bonne nouvelle, les orages sont relativement localisés et la météo est meilleure plus à l'Ouest. La conclusion est simple, retour dans le Val d'Hérens. Au mieux on se promènera dans la vallée, au pire on reprendra la voiture pour aller voir ailleurs si le soleil existe encore et, de toute façon, nous n'avons plus que 2 ou 3 jours devant nous, alors autant en profiter au soleil !

C'est parti pour le train jusqu'à Sion avec un changement à Visp. Pas désagréable, finalement, d'admirer les paysages en position assise...

Le débit du torrent est impressionnant.


Surtout lorsqu'on le compare à son débit normal... Vous croyez qu'il a plu ?

Photo du Net

Puis c'est le car postal jusqu'à Evolène. En montant dans le bus, je trébuche, me heurte la tête au piolet de JL juste devant moi... C'est malin ! Décidément, y'a des jours comme ça... Vive l'Arnica...

Env 10km, D+ 700m, D- 100m
Trace reconstituée

Arrivée à Evolène. Effectivement, le temps est meilleur. Nuageux mais sans plus, au moins pour l'instant. Joli village que nous n'avions qu'aperçu il y a quelques jours lors de notre arrivée en voiture, avec l'inévitable statue de chamois (dixit les gens du coin... moi, j'aurais plutôt dit un bouquetin !) en bonne place.


La priorité absolue est de faire sécher les sacs de couchage. Nous sortons tranquillement du village et nous arrêtons légèrement en surplomb de la route, sur un sentier bien orienté, bien aéré, et bordé d'une belle barrière de bois.


Séance étendage sur la barrière. On en profite pour déjeuner.

Quelques rayons de soleil s'invitent, le ciel se dégage plus ou moins, la vue est belle, ... Ça fait du bien !


Le sentier sur lequel nous nous sommes installés mène à la Via Ferrata, nous discutons un bon moment avec un adepte. Le monde est petit, il a vécu quelques années dans le Sud de la France, pas loin de chez nous. Nous discutons randonnées, escalade, ... Nous parlons de la Via Ferrata de Cavaillon, il nous indique quelques belles balades à faire dans le Valais, ...

Les sacs sont secs, je suis d'ailleurs assez surprise du (relatif) peu de temps que cela a pris, mais il faut dire que la compression avait représenté un bel essorage et que la météo a (enfin) été de notre côté...
On redémarre tranquillement. Nous sommes à proximité des Haudères où nous avions repéré un bar / magasin de sport / épicerie sympathique où j'aimerais faire 3 courses puisque la balade continue.

Une fois les courses faites, d'une certaine façon la journée commence enfin... Il serait temps, nous sommes déjà en milieu d'après midi. On quitte les Haudères vers Arolla par une piste qui passe entre quelques maisons puis grimpe (plus ou moins) doucement à flanc de vallée, en contrebas de la route.


J'ai besoin d'évacuer la tension accumulée dans la matinée, je pars devant, croise diverses personnes. Un papy qui descend vers les Haudères semble avoir des envies de bavarder, me demande si je vais à La Gouille (oui, c'est bien un G...), est tout surpris lorsque je précise continuer jusqu'à Arolla.

J'attends JL près d'un petit lac destiné à la pêche à l'entrée de La Gouille.



Nous plaisantons un moment avec des personnes occupées à installer une nouvelle pâture pour quelques chevaux, puis nous continuons en longeant le torrent. Après les alpages et moraines de ces derniers jours, il n'est pas désagréable de circuler sur ce terrain quasiment plat, presque marécageux par endroit, d'autant que le ciel est de plus en plus dégagé, surtout au Sud où nous allons.



En chemin, nous "admirons" un important éboulement sur les hauteurs. Même à cette distance, c'est le bruit qui nous a alertés. Les blocs qui descendent sont parfaitement visibles, sans parler du nuage de poussière. Il ne ferait pas bon être dans le couloir !


Le pont par lequel nous pensions traverser n'a apparemment pas résisté aux crues... C'est parti pour un passage à gué, pieds nus. Pas chaude, la flotte !...

Nous remontons ensuite rapidement sur Arolla, histoire de rapporter les crampons au magasin de sport avant la fermeture (nous arrivons d'ailleurs juste à temps).


Puis direction la voiture. La boucle est bouclée, même si c'est un peu plus tôt et un peu plus motorisé que ce que nous avions envisagé. Ça fait bizarre de se retrouver là. Comme si nous n'étions partis qu'hier, il y a très longtemps... On ne revient jamais totalement indemne d'une randonnée en montagne.


Plaisir de remettre un jean et de simples sandales après un brin de toilette de chat... Et direction les Haudères. Au programme, raclette à volonté dans un restau repéré en passant quelques heures plus tôt. Depuis plusieurs jours l'envie ne nous a pas quitté, la faute aux guides du Cervin...

Un bon morphalage plus tard, qui nous a laissé le temps de sympathiser avec la patronne du restaurant, nous discutons avec elle de l'évolution des modes de vie en montagne ces dernières décennies et de ses conséquences sur l'environnement : entretien des chemins, des forêts, ... Gentiment, elle nous indique des coins, à une petite heure à pieds du village, où nous pourrions bivouaquer sans problème malgré l'interdiction théorique.

Il fait nuit noire, ce ne sera pas pour ce soir. On se gare dans un coin isolé et tranquille à la sortie du village, et dodo dans la voiture.



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